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Entretien avec Benoit Pourtau le chanteur de LA JARRY le 5/12/2009. Interview réalisée par Guillaume Richardot à l’occasion de la sortie en bac de l’album « 3 ». GUILLAUME : C’est cool que l’on puisse un peu parler de ce nouvel album « 3 » sorti il y a quelques jours et qui semble être d’une volonté certes résolument rock mais différente dans l’approche… Benoit : C’est vrai qu’après le son assez british de « Liverpool », on voulait changer de couleur en gardant évidemment le coup de patte du groupe. Guillaume : Oui, le coup de patte de LA JARRY avec un son nouveau ! Benoit : On se connaît tellement bien tous les quatre après ces années qu’il y a maintenant des automatismes qui se font naturellement dans le jeu. Ce qui est primordial pour nous est de garder l’humeur du début avec le jeu de batterie de Nico ou la basse d’Arnaud en laissant à David à la guitare d’amener les riffs qu’il faut pour que les chansons soient vraiment une musique de groupe. Guillaume : C’est çà la musique de groupe ? C’est la différence avec de la variété par exemple ? Benoit : Je pense que la force d'un bon groupe, c'est d'avoir un coup de patte même si la couleur musicale change. Les musiciens de LA JARRY ne sont pas des requins de studio mais sont les musiciens de LA JARRY ! Quand on se retrouve ensemble dans notre studio pour jouer, c’est magique car encore une fois on se connaît tellement… On a eu le temps de se construire en trois albums en essayant de respecter l’envie de chacun pour faire le son LA JARRY au final. Guillaume : Dans l’album « 3 », au-delà du single « le chat noir », je trouve qu’il y a une approche assez 70's. Un peu comme des albums concepts avec une ligne directrice que l’on retrouve dans les dix titres. Est-ce quelque chose de volontaire ? Benoit : On a essayé d’obtenir un disque homogène sans sous estimer un titre par rapport à l’autre. Le mixage avec une inspiration très américaine est arrivé au bon moment dans notre recherche en studio. Les groupes de rock ont besoin de faire évoluer le son pour que les fans ne réentendent pas deux fois la même chose. Tu as le côté seventies dans le titre de l’album « 3 » sans se prendre la tête pour donner un nom à ce disque. C’est le troisième de LA JARRY et c’est tout ! Guillaume : Quelle est ta chanson préférée sur « 3 » ? Benoit : PPPFFFF ! Toutes ! ou aucunes !!! Ce qui est cool, c’est que nous avons tenté des trucs dans la réalisation avec la mise en avant de certains effets sur la guitare de David que l’on peut reproduire en live pour les concerts. On a énormément pris du temps sur « Démocratie » par exemple car on voulait trouver le juste milieu entre le titre rock, le côté world de Danny qui intervient à la fin du titre et l’émotion que nous voulions vraiment maintenir intacte par rapport à la version acoustique à la guitare sèche quand on a écrit la chanson. Guillaume : et les textes de « Démocratie » ? Benoit : On essaye toujours de passer beaucoup de temps sur les textes On rencontre souvent des musiciens congolais par exemple qui viennent enregistrer à notre studio à Orléans et le fait d’avoir invité Danny sur « Démocratie » était logique par rapport à ce qu’il a pu vivre dans son pays. Il a amené une vraie expérience de ce qu’il vivait au quotidien avec son regard sur la politique en Afrique et l’importance de certaines choses auxquelles on ne pense pas ici en France. Guillaume : « Démocratie » sera un single ? Benoit : Peut-être… Je l’espère mais je trouve que « le chat noir » est un bon titre pour lancer un album pour les fans qui aiment LA JARRY dans la lignée de « Mea culpa » ou « Liverpool". Guillaume : Vous serez en tournée en 2010 car les concerts ça déménage !!! Benoit : C’est un réel plaisir de se retrouver tous les quatre pour jouer notre musique. On apprécie vraiment de jouer ensemble et quelque soit l’endroit ou même les conditions. Les concerts, c’est le plus important pour nous car le public peut s’éclater comme nous nous nous éclatons sur scène ensemble. Beaucoup de dates en 2010, c’est sur. Guillaume : Quel est le regard de LA JARRY sur le marché du disque avec cette crise de l’industrie ? Benoit : Tu sais, on a choisi de faire ce métier pour de vrai et nous ne maitrisons pas du tout ce qui se passe autour de nous avec les ventes d’albums ou les contrats labels-majors etc… Je pense que le plus important est de faire la musique que tu aimes, celle que tu as en toi et de regarder l‘industrie avec du recul. Il est clair qu’il y a une nouvelle donne dans la musique aujourd’hui incluant même les médias et que les moyens de diffusions sont en train de changer. Lorsque nous étions chez Sony avec « Mea culpa », on sentait déjà une certaine fébrilité dans ce paysage et je crois que les groupes de rock doivent avancer quoiqu’il arrive en jouant leur musique le plus souvent pour atteindre un max de public. Guillaume : Je reviens à l’album et le titre qui ouvre « 3 » . " Y’a des gens dans la rue " c’est pour les manifs ? Benoit : En fait, la rue est un sujet très simple car on y va tous tous les jours ! Toute la société est représentée dans la rue et c’est vraiment un point commun que l’on a tous selon notre origine, notre milieu social, notre santé ou notre boulot. Cela nous montre en fait dans quel état nous sommes ! On avait ce texte quelque part depuis des années et on voulait que ce titre sonne vraiment rock pour exprimer l’idée. Ce n’est pas un titre politique ou social mais simplement la réalité pour tout le monde… Guillaume : Comment s’est passée l’écriture de ce titre ? Benoit : J’aime vraiment le rythme que Nico a amené… Quelque chose de simple et de solide à la fois ce qui nous a permis de coller les mots aux bons endroits. Le flux est vraiment intéressant. Guillaume : LA JARRY est un peu une affaire de famille ? Benoit : C’est sur ! Mon frère David et moi travaillons ensemble tout le temps et Nico et Arnaud sont aussi comme deux frères de cœur. C’est un peu comme deux équipes en une ! Guillaume : Vous avez écouté d’autres artistes pour le son de ce nouvel album ? Benoit : C’est important d’écouter un peu les autres dans différents styles. Après notre expérience à Abbey Road où nous avons baigné dans une atmosphère très anglaise avec Ben Findlay, on voulait vraiment donner une couleur plus éclatante à nos chansons et explorer d’autres choses. Guillaume : Des noms ! Benoit : Il y a vraiment de supers groupes en ce moment comme les KILLERS ou RISE AGAINST qui cherchent des trucs différents. Guillaume : LED ZEP ou les DOORS ? Benoit : Oui mais il ne faut pas rester toujours focalisé sur les seventies justement. De très bons groupes existent aujourd’hui et il ne faut pas vivre qu’avec le passé. Les générations se succèdent et la musique évolue. Il ne faut pas s’endormir sur nos lauriers et toujours chercher de nouvelles choses. Guillaume : Et le rock en français ? Benoit : Quelle est ta question ? Guillaume : Le fait de chanter en français sur du rock n’est-il pas un handicap ? Benoit : Nous y voilà… Le français pour nous, c’est naturel car c’est notre langue d’origine ! On parle en anglais pour se faire comprendre dans les pays anglo-saxons mais on chante tout naturellement en français en France. Guillaume : Beaucoup de groupes français chantent en anglais en ce moment… Benoit : Libres sont ils ! Ce qui est important à mes yeux pour le public est de comprendre ce qu’on essaye de faire passer comme message. Si tu ne comprends pas les paroles, c’est un peu dommage ! C’est vrai que plus de 60% des titres diffusés à la radio sont en anglais et je me demande toujours quel est le pourcentage des personnes qui comprennent l’ensemble des textes ? Pour moi, c’est un peu un non sens… Guillaume : En tout cas, bon vent au « chat noir » et à l’album. Benoit : On va tout faire pour jouer du rock’n roll ! Guillaume : A bientôt LA JARRY ! Benoit : Salut.
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